On demande aux jeunes de choisir leurs études alors que les compétences attendues au travail se transforment. On leur demande de se projeter dans des métiers qu'ils n'ont parfois jamais eu l'occasion de découvrir. Avant de chercher à « déjouer l'algorithme », une question s'impose : connaît-on vraiment toutes ses possibilités ?
Chez STEM4ALL, nous posons cette question avec une attention particulière pour les jeunes filles, encore trop nombreuses à écarter les sciences et les technologies avant même de les avoir explorées. Et nous l'adressons aussi à leurs familles, qui les accompagnent dans ces choix décisifs.
Comment faire les bons choix sur Parcoursup ? Comment présenter son dossier ? Comment comprendre ce qui fera la différence ? Ces préoccupations sont légitimes. Mais elles peuvent occuper toute la place, jusqu'à faire passer au second plan une question plus personnelle : qu'ai-je réellement envie d'explorer ?
Une candidature bien préparée ne remplace pas une orientation éclairée. Et l'on peut préparer très sérieusement son avenir tout en laissant de côté des voies dont on ignore jusqu'à l'existence.
2030 : choisir une voie dans un monde qui se transforme
Selon le Future of Jobs Report 2025 du World Economic Forum, 59 travailleurs sur 100 auraient besoin de se former, de développer leurs compétences ou d'en acquérir de nouvelles d'ici 2030. Les employeurs interrogés anticipent aussi que 39 % des compétences actuelles des travailleurs seront transformées ou deviendront obsolètes sur la période 2025-2030. [1]
Le rapport projette 170 millions de créations d'emplois dans le monde, mais aussi 92 millions de suppressions, soit un solde positif de 78 millions. Ces estimations, fondées sur les anticipations d'employeurs et des données d'emploi, concernent l'ensemble des transformations économiques étudiées, pas seulement l'IA ou la tech. Ce sont des projections, pas des garanties individuelles d'embauche. [1]
Que faire de ces chiffres lorsqu'on est au lycée ? Certainement pas choisir dans la précipitation le métier présenté comme le plus « porteur ». Pour STEM4ALL, ils invitent surtout à poser autrement la question de l'orientation : quelles connaissances ai-je envie de construire ? Quels problèmes m'intéressent ? Dans quel environnement pourrais-je apprendre, contribuer et évoluer ?
L'enjeu est de choisir une première direction tout en développant la capacité à continuer d'apprendre.
« Déjouer Parcoursup » : comprendre les règles pour reprendre la main
L'expression attire l'attention. Elle laisse imaginer une formule secrète, quelques mots bien placés ou une stratégie capable de garantir une admission.
Le fonctionnement réel est différent : ce sont les formations qui examinent les candidatures et établissent les classements, à travers leurs commissions d'examen des vœux. Elles peuvent s'appuyer sur des outils d'aide à l'analyse. La plateforme organise ensuite les propositions d'admission à partir de ces classements et des règles applicables. [2]
Le premier levier consiste donc à lire les critères affichés par chaque formation, à comprendre leur importance et à consulter les rapports d'examen des vœux. Ces informations aident à préparer ses choix ; elles ne constituent pas une promesse d'admission. [2]
Mais notre conviction est que le travail commence bien avant le dossier. Il commence lorsqu'une jeune fille découvre une spécialité qu'elle ne connaissait pas, interroge une professionnelle ou réalise qu'un domaine scientifique rejoint une question qui la passionne.
Le vœu que l'on ne formule jamais mérite, lui aussi, notre attention.
Qui nous présente les métiers que nous ne connaissons pas ?
Comment envisager de travailler sur la sécurité des systèmes informatiques, les matériaux, les données de santé ou l'énergie lorsque ces activités restent abstraites ? Comment comparer des parcours si l'on connaît surtout les métiers présents dans son entourage ?
Pour STEM4ALL, ouvrir le champ des possibles suppose de rendre les professions concrètes. À quoi ressemble une journée de travail ? Quelles compétences utilise-t-on ? Quelles études y conduisent ? Quels sont les coûts, les contraintes et les passerelles ?
Ces questions concernent aussi les parents. Leur donner accès à des interlocutrices et à des informations précises permet d'enrichir la discussion familiale autour de l'orientation. Une envie peut alors devenir une piste à examiner ensemble.
Notre objectif est que chacune puisse explorer les sciences et les technologies sans avoir à décider, avant même d'avoir essayé, si elle est « faite pour ça ».
Une rencontre peut-elle vraiment changer quelque chose ?
Une évaluation française présentée par l'Institut des politiques publiques en 2019 apporte un éclairage. Menée auprès de près de 20 000 élèves dans une centaine de lycées franciliens en 2015-2016, elle étudie l'intervention de femmes scientifiques en classe. Parmi les filles de terminale scientifique (la « terminale S » de l'époque, avant la réforme du lycée), la part s'orientant vers une classe préparatoire scientifique passe de 11 % à 14,5 %. Aucun effet détectable sur les choix d'études n'est observé chez les élèves de seconde. [3]
Ces résultats ne prédisent pas l'impact de chaque rencontre. Ils montrent néanmoins qu'un échange peut influencer une décision d'orientation dans certaines conditions.
C'est pourquoi nous accordons de l'importance aux récits de parcours : les choix, les hésitations, les soutiens, les difficultés et les bifurcations. Nous voulons que les jeunes puissent poser leurs propres questions et identifier une prochaine étape : visiter une formation, chercher une aide financière, rencontrer une étudiante ou participer à un atelier.
Montpellier, Rennes : ouvrir la discussion, puis passer à l'action
C'est l'ambition des Cafés d'Orientation STEM4ALL : découvrir les métiers de la tech et des STEM, rencontrer des professionnelles et des rôles modèles, explorer des parcours encore peu connus et trouver des repères pour construire son avenir.
Nos prochains rendez-vous :
- Montpellier : samedi 3 octobre 2026.
- Rennes : samedi 10 octobre 2026.
Les jeunes filles et leurs familles pourront y ouvrir la discussion sur les possibilités de formation et les parcours professionnels.
Les places sont limitées. Inscrivez-vous dès maintenant : [lien d'inscription à insérer].
Cette démarche se prolongera avec nos bootcamps IA à partir du 19 octobre dans neuf villes de France, pour donner une place à l'expérimentation.
Avant de demander aux jeunes de choisir leur avenir, donnons-leur les moyens de découvrir ce qu'il pourrait être.
Sources
[1] World Economic Forum, The Future of Jobs Report 2025, synthèse, janvier 2025. Consulter le rapport.
[2] Parcoursup, Comment les formations examinent les candidatures ? et Le vrai du faux sur Parcoursup, consultés le 24 septembre 2026. Examen des candidatures · Fonctionnement de la plateforme.
[3] Thomas Breda, Julien Grenet, Marion Monnet et Clémentine Van Effenterre, Role Models féminins : un levier efficace pour inciter les filles à poursuivre des études scientifiques ?, Institut des politiques publiques, note n°45, septembre 2019. Consulter la présentation de l'étude.
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